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5월 16일 J'arrête d'être de gauche ;-) : jour 8Ca y est, c'est le grand jour, il est désormais "Sarko et quart". Je n'arrive pas encore à m'arracher un sourrire, et pourtant, je suis de droite désormais. C'est peut-être par jalousie par rapport à Kouchner, qui en suivant un parcours similaire au mien se retrouvera fort probablement au Gouvernement. Le retournement de veste ne paye pas chez moi, je devrais peut-être me contenter d'être de gauche. Non ! Ne pas cracquer, ne pas cracquer ! Pour se faire, je vais profiter de ce week-end prolongé par un pont pour prendre une retraite et habiter ma fonction de sympathisant de droite. PS : Salut l'Artiste, partir du "bruit et de l'odeur" en passant par la case "affaires sans passer par la case prison" et la case "je casse l'Europe" pour finir à la case "je poursuivrai mon engagement dans ces combats pour le dialogue des cultures et pour le développement durable", c'est beau. 5월 14일 J'arrête d'être de gauche ;-) : jour 6Je me laisse toucher par l'état de grâce Sarkozien : envisager de prendre des ministres socialistes, rencontrer en priorité les syndicats, dîner dès le premier soir avec la Chancelière allemande... Il y a beaucoup de signes envoyés par notre futur Président qui ne me laissent pas insensible et me soulagent dans mon difficile parcours vers la droite après 15 ans de gauche. Ce qui me soulage aussi, c'est lorsque je vois ce qui se passe ailleurs, en particulier au centre. Nous y voilà, il y a désormais un parti, un vrai, un parti libre, "l'UDF - Mouvement démocrate". Ca me rappelle le parti éphémère de Mégret, le "FN - Mouvement National", qui a connu un triste sort électoral et financier. Aucun grand parti ne porte le "mouvement" dans son nom, à croire que le mouvement ne porte pas en politique. En tout cas, j'ai écouté Bayrou hier sur Europe 1 et je n'ai pas été séduit par son discours de liberté. Bayrou se revendique plus que jamais libre : libre de dire que c'est bien quand c'est bien, libre de dire que ce n'est pas bien quand c'est pas bien (et je dis cela sans carricaturer son propos). Je ferai un gros reproche à cette démarche, c'est qu'elle n'offre aucun débouché : et les propositions dans tout celà ? Bayrou se place clairement dans la perspective de la défaite puisqu'il ne construit pas son parti pour gouverner mais pour servir de contre-pouvoir quand c'est pas bien, et de force d'appui quand c'est bien (là encore, je ne caricature pas ses propos). A gauche, l'heure est au grand mouvement, pardon, au grand rassemblement (mouvement portant malheur) et normalement, le crépage de chignon est prévu pour après les législatives. Sauf que là aussi, les joueurs sont déjà dans le coup d'après, et seul Ségolène ROYAL le reconnaît (ah Ségolène, quand je pense à toi, je regrette d'être de droite désormais) lorsqu'elle annonce que son parti devra se positionner clairement pour 2012 dès la fin des législatives. En attendant, Hollande propose de créer un grand parti de gauche, une sorte d'UMP de gauche, qui regrouperait au sein d'un même parti PS, MRC ("Chevènement"), PRG ("Taubira") et ceux qui le voudront bien. Proposition aussitôt taclée (comme le dit le Figaro) par DSK qui y voit là un aveu d'échec de la part d'Hollande et qui continue de proposer un PS social-démocrate avec lui devant pour la photo, pour le finish, pour la photo-finish ! Ah quand je vous dis que c'est plus calme à droite, chez mon nouveau chez moi (l'UMP de droite), on y prépare en ce moment la succession de Sarkozy, désormais Président tout court. Et cette succession qui pourrait se jouer à couteaux tirés se joue dans la quiétude, c'est tellement plus simple après une victoire ! Du coup, on anticipe une future présidence collégiale de l'UMP où serait "rangés" les poids-lourds ne pouvant être casés dans les Palais de la république, comme au bon vieux temps du Directoire, ce qui laissee présager d'une bonne foire d'empoigne après la retombée de l'état de grâce, mais nous ne sommes pas encore là, pour l'instant, je continue mon sevrage de gauche, et ça va. 5월 11일 J'arrête d'être de gauche ;-) : jour 3Pour m'aider à aller mieux, j'ai décidé de me réjouir de la décision de Ségolène ROYAL de renoncer à la députation, afin de se conformer à sa volonté de supprimer le cumul des mandats. Mais ça ne marche pas, cette démarche courageuse me touche d'autant plus qu'elle était assurée de gagner dans sa cirsconscription. Du coup, pour m'aider à aller mieux, je me suis rabattu sur un Wiskhy pur malt, pardon "Pur Malte" si je puis me permettre.
En parlant de Malte, vous avez remarqué que la polémique autour de Bolloré n'en fini plus ? Finalement, il semblerait que Bolloré a des liens avec l'Etat, à travers des "petits" contrats de plusieurs millions. "Et alors ?", serais-je tenté de penser, il n'y a pas de quoi brûler une voiture ! Tout ça, je suis sûr que c'est de la pub gratuite pour Bolloré (comme ses journaux), ils sont trop forts au marketing ! Au fait, Blair s'en va. L'homme de droite ex-homme de gauche que je suis ne sait pas s'il doit se réjouir. Avec Chirac, ex-homme de gauche homme de droite, ça fait deux monstre qui s'en vont d'un coup. On va se retrouver orphelin, mais heureusement, il y a Sarkozy : "5 ans pour s'habituer, 10 ans pour l'aimer" (Charlie-Hebdo). A propos, vous l'avez vu hier, au Luxembourg avec justement Chirac au ? Moi non, parce qu'il était très mal filmé, serait-ce un dernier petit coup de Chirac avant la révérence ? 5월 10일 J'arrête d'être de gauche ;-) : jour 2"Manaudou quitte la France pour travailler moins", dixit son entraîneur, l'avenir nous dira si elle gagnera autant. Sur la voie d'en face, Johnny revient pour payer plus qu'en Suisse mais moins qu'en France d'avant. Un échange Johnny - Manaudou, je ne sais pas qui est gagnant dans l'aventure, si jamais il y en a un. Mais ce n'est pas celà qui me détournera de la voie qui est désormais la miennne, celle du "sevrage de gauche". Et pour le moment, ça le fait ! Quelle joie de pouvoir décliner les festivals d'ATTAC sans passer pour un social-traître, car désormais, je suis passé dans le camp de l'adversaire. Je ne suis plus un ennemi de la gauche réformiste à abattre mais un simple adversaire de la droite à débattre. J'ai quand même un pincement au coeur quand je reçois les SMS de remerciement de Ségolène, ça doit être un effet secondaire lié au sevrage, ça va passer. 5월 9일 J'arrête d'être de gauche ;-) : jour 1Pour le moment, ça va. Sarkozy se fait financer des vacances de milliardaire par les princes du CAC40 et celà ne me choque même pas. Après tout, il lui donnerait l'équivalent de la location du Yacht en argent liquide transférable immédiatement en Suisse que ça ne me choquerait même pas car rien ne prouve que Sarkozy n'en sera pas moins impartial au moment où il faudra trancher entre le MEDEF et la CGT. Ce n'est pas parce qu'on n'est pas parfait qu'on est partial, n'est-ce-pas ? Heureusement, il n'y a que ça pour mousser mes convictions humanistes, pardon, mes ex-convictions humanistes. En effet, du côté d'en face (du côté gauche), on est pas encore dans la proposition d'une véritable alternative. Mais c'est déjà touchant de les voir se déchirer entre eux. Enfin, comme je vous le disais, pour le moment, ça va. J'arrête d'être de gauche ;-)Etre de gauche, c'est comme fumer, ça fait du bien sur le moment mais après, au moment du bilan, on se sent con parce qu'on n'est beaucoup moins performant. Alors pour éviter de nouvelles déconvenues, pour enfin gagner des élections, j'ai décidé de commencer un sevrage pour arrêter d'être de gauche et devenir enfin de droite. Je vous raconterai ici l'évolution de mon parcours. 5월 7일 Et de 3 ! :-(Après les Présidentielles de 2002, le Référendum sur l'Europe en 2005, cette Présidentielles 2007 est la troisième élection nationale de suite où je choisis le camp perdant. Qu'il est dur d'être réformiste de gauche ! En 2002 et en 2005, nous perdons car nous ne sommes pas assez à gauche, en 2007, nous perdons car nous n'avons pas su convaincre au centre. La gauche réformiste est condamnée au grand écart permanent si elle veut espérer gagner quelque chose. Dans cette situation où l'équilibre est instable, le soutien et la confiance sans faille d'un parti sont indispensables. Une fois de plus, celles-ci ont fait défaut à cette élection, et une fois de plus, elles ne sont pas étrangères à la défaite, même si on ne doit pas exclure d'autres facteurs, notamment le talent du candidat d’en face (je vous renvoie à ce sujet à un billet que j’avais écrit en janvier 2006 intitulé "Pourquoi je voterais Sarkozy"). Vous ne me ferez en revanche pas dire que Ségolène ROYAL était incompétente ou illégitime ou je ne sais quel autre commentaire qu’on ne fait pas aux autres diplômés de l’ENA qui ont fait leur carrière au service de la France.
L'idée ici n'et pas de se faire mal en pensant à ce qui aurait pu être fait mais de penser à ce qui se passera demain. Au niveau national, le prochain rendez-vous est pour bientôt, en juin 2007, pour les législatives. Et en juin, ce sera bien nous a prédit Bayrou qui espère y voir un troisième tour où il arrachera sa qualification pour un quatrième tour en 2012. Mais en juin, ce sera, je le crains, une nouvelle victoire de la droite décomplexée, et la confirmation de la crise de la gauche réformiste, qui sera attaquée par la gauche, par le centre, et de l'intérieur !
En 2002, malgré une frustration énorme liée aux conditions particulières du second tour, les Français ont préféré soutenir l'action du Président élu, alors cette année, après le plébiscite populaire que les Français ont offert, on peut s'attendre à ce que la prochaine assemblée nationale soit d'une couleur proche de l'actuelle, avec certainement un ancrage encore plus profond à droite. Ce n'est pas en un mois que la donne va changer. Du côté la gauche réformiste et du PS en particulier, les choses vont se compliquer car la bataille pour la direction du parti va une fois de plus s'engager. Ségolène ROYAL, qui a annoncé vouloir continuer à mener le combat en première ligne, est contestée par ses anciens concurrents, Fabius et DSK, qui voient dans cette défaite l'opportunité de revenir dans ce qui serait une revanche du combat des chefs ou plutôt sa poursuite, car Ségolène n'a jamais eu les habits du chef, malgré sa victoire sans contestation dès le premier tour des primaires du PS. Et pendant ce temps là, la gauche sera inaudible.
Il faudrait, pour espérer enfin gagner une élection, structurer une alternative crédible à la droite, au lieu d'offrir ad vitam eternam le spectacle d'une gauche déchirée. Ce n'est pourtant pas si difficile, l'alternative existe, elle a été portée successivement par Jospin et Royal, mais pas assez pendant les périodes hors-campagne électorales. L'opposition a été muette pendant les 5 dernières années pour ne se réveiller qu'aux moments des élections. Trop tard ! Pour les 5 prochaines années qui, je le crains, se passeront dans l'opposition, il ne faudra pas retomber dans les mêmes travers. Et cette fois, il n'y aura pas d'excuse, que des fautes. Sinon, malgré cette branlées, à titre personnel, je ne vais pas renier mon soutien militant au PS, qui malgré les reproches légitimes qu'on peut lui faire, reste à ce jour la seule possibilité d'alternance. Et à ceux qui comme moi mangent leur slip, je leur propose une citation de Ronald Lavallée : "Les défaites nous ramènent aux choses essentielles, tandis que les succès ne font que nous en éloigner". Et aujourd'hui, l'essentiel, à mes yeux, c'est de garder cette flamme qui aujourd'hui nous révolte et nous anime car quoi qu'il arrive, dans 5 ans, dans 10 ans, dans 15 ans, elle devra nous servir à déterminer la direction et le sens du chemin qu'il nous restera à parcourir. 2월 27일 Les sous-marins les couleront-ils ?"Malgré ses déclarations de bonnes intentions vis à vis de la Défense, la candidate socialiste ne semble guère intéressée par ce sujet essentiel. Elle a, à tout le moins, beaucoup de lacunes à combler."
Voilà ce qu'a déclaré Michèle ALLIOT-MARIE (MAM) au sujet de Ségolène ROYAL, peu après un entretien de cette dernière sur RMC-info. Au cours de cet entretien, Ségolène ROYAL ne fut pas capable de donner le nombre de Sous-marin Nucléaire Lanceur d'Engin (SNLE) possédé par la France. Cette absence fut alors synonyme d'incompétence pour la droite, et Ségolène ROYALE fut la cible de commentaires tels que celui de MAM. Et sinon, pour info, la France possède 4 SNLEs. Un mois après, jour pour jour, le lundi 26 février, Nicolas SARKOZY, interrogé sur BFM TV/RMC se voyait poser une question similaire : "Combien la France possède-t-elle de Sous-marins Nucléaires d'Attaque (SNA) ?".
La réponse donnée fut "4", rappelant étrangement la réponse attendue à la question de Ségolène ROYAL. Pas de "chance" ou peut-être pas de "compétence" pour Nicolas SARKOZY, la question portait sur les SNAs et non les SNLEs. Et les SNAs sont au nombre de "6" tandis que les SNLEs sont au nombre de "4". Si on effectue un parallèle, Nicolas SARKOZY est donc également un incompétent et on devrait entendre la meute qui se rua sur la première se jeter avec la même ardeur sur le second. Ce n'est pas le cas, la rigueur et la perfection que l'on exige de Ségolène ROYAL ne s'applique pas à Nicolas SARKOZY. MAM n'a pas pris la peine de réagir et je ne suis pas certain que les journaux ont pris la peine de relater l'événement avec la même importance.
Dans le fond, qu'un candidat sèche sur ce genre de question est normal, un Président n'est pas un champion de Trivial Poursuit mais un dirigeant avec un projet et des valeurs. Et Nicolas SARKOZY a eu raison de dire que ce genre de question était "spécieuse", c'est-à-dire trompeuse. J'aurais salué la courtoisie de ce dernier si ce commentaire était venu soutenir Ségolène ROYAL mais comme ce n'est pas le cas, je ne peux que souligner que je partage le même point de vu sur le sujet. Lorsque je compare les réactions à ces deux événements et le traitement réservé par les médias, j'ai le sentiment qu'on pardonne beaucoup moins à Ségolène ROYAL ses errements qu'à Nicolas SARKOZY. Serait-ce une vision biaisée par mes convictions ou un constat pertinent ? J'attends vos éventuels commentaires sur la question (et voilà comme j'essaye de relancer les commentaires sur mon blog). Au fait, c'est quoi un SNA et un SNLE ? Les deux sont des sous-marins à propulsion nucléaire, c'est-à-dire qu'ils "roulent" au combustible nucléaire et non au diesel (pour simplifier), d'où le terme "nucléaire". Pour le reste, les SNAs et SNLEs n'ont rien à voir. Tandis que le SNA est utilisé dans le cadre des conflits conventionnels, le SNLE est utilisé pour la dissuasion nucléaire. Autrement dit, le SNLE est un Sous-marin Nucléaire Lanceur d'Engin où "Engin" signifie bombe nucléaire. L'objectif du SNLE est donc de rester discret jusqu'au moment où on lui demandera de lancer une ou plusieurs ogives nucléaires (en espérant que la menace soit suffisamment crédible et effrayante pour que cela n’arrive pas). Le SNA, au contraire du SNLE, est armé avec des armes non nucléaires, des armes conventionnelles. Son rôle est plus "classique" puisqu'il s'agit pour lui d'intercepter, "d'attaquer" tous les bâtiments suspects à proximité (bateau, sous-marin, poissons hostiles ;-), etc...). Voilà, vous en savez à peu près autant que moi sur la question, si vous souhaitez en savoir plus, vous pouvez toujours demander à MAM, qui elle au moins n'a pas ce genre de "lacune". 2월 20일 Ajustement de mi-campagneEn ce moment, on entend ici et là et que Ségolène ROYAL modifie son organisation de campagne et que cela traduit un trouble au sein de son équipe. C'est plausible.
Je voulais juste rajouter que Ségolène ROYAL n'et pas la seule à le faire puisque Nicolas SARKOZY modifie aussi son dispositif :
http://www.lefigaro.fr/election-presidentielle-2007/20070220.FIG000000193_nicolas_sarkozy_modifie_son_organisation_de_campagne.html (oui, oui, je lis aussi le Figaro !) Je ne sais pas si on fera le même flan des deux ajustements de mi-campagne. 1월 17일 Axe I (économique et social) : Notre part d’irrationnelJe suis Français et j’ai suivi (avec plus ou moins d’assiduité) des études scientifiques. A ces titres, je me revendique cartésien et j’agis en fonction de raisonnements logiques dont je déduis ce qui est meilleur pour mon intérêt personnel. Je suis même un « cartésien extrême » puisque ma croyance est nulle (je ne crois en aucune religion) et ma spiritualité est limitée (j’accepte le fait qu’il existe des phénomènes qui nous dépassent sans pour autant considérer que ces derniers doivent prédominer sur ce que je considère comme acquis car déduit). Et pourtant, même moi, qui me revendique « cartésien extrême », ne l’est pas. Avant d’être cartésien, je suis humain, avec des valeurs humanistes (justice, solidarité, partage, etc… ) qui n’ont rien à voir avec le cartésianisme. L’axiome des économistes est donc erroné car l’homme n’est pas un rationnel pur. Pour contourner (d’autres diront résoudre) ce problème, les économistes ont développé le concept de « confiance ». Et comme dirait le seul prof d’économie que je n’ai jamais eu : « ‘la confiance est essentielle en économie’, expliquez cela en quelques lignes sans faire de bla-bla (4 points) ». Plus ça va et plus je me dis que ma part d’irrationnel est plus influente que je ne le crois. J’en déduis que pour notre prochain dirigeant, il ne suffit pas qu’il ait un bon programme, il faut aussi qu’il ait la confiance. Ce qu’on reproche à la France d’en haut, aux élites, c’est d’oublier la part d’irrationnel, c’est de raisonner comme des robots alors que nous sommes des humains avec des valeurs. Une décision politique en matière économique n’est pas bonne intrinsèquement. Elle n’est bonne que lorsqu’elle s’inscrit dans un mouvement de confiance. Il ne suffit pas de débattre sur le rationnel, il faut aussi prendre en compte l’irrationnel. Typiquement, lorsque Chirac a été réélu en 2002, il n’avait pas la confiance puisqu’une grande partie de son électorat du second tour a voté pour lui par défaut avec défiance (j’en sais quelque chose). Ceci explique en partie la confusion ces 5 dernières années. Autrement dit, je suis un cartésien extrême mais « Dieu merci » (c’est une expression), je suis aussi irrationnel. I think so I follow ? 1월 31일 Pourquoi je voterais SARKOZYAujourd'hui, il semble que l'économie se mondialise et que plus que jamais, les dynamiques financières, en s'organisant de manière libérale (comprendre librement), dictent des tendances de gouvernance qui limitent les marges de manœuvre des Etats. L'impression ressentie par nombre de citoyen est donc celle de l'impuissance de la Nation face au Capital et les dirigeants apparaissent de plus en plus comme subordonnés au cours de la Bourse et éloignés du peuple, se contentant de valider des choix venus des places financières. Et pourtant, les marges de manœuvre sont réelles, l'organisation de la Nation reste, quoiqu'on en ressente, le monopole du peuple et la raison d'être de la politique, au sens noble du terme.
Toutefois, la politique (toujours au sens noble du terme) d'aujourd'hui n'est plus celle d'hier, les événements se succèdent plus rapidement et l'effet papillon* semble prendre une importance de plus en plus grande. Dans ce contexte, les équilibres établis sont loin d'être "figés dans le marbre" par une chape économique mondiale, ils sont parfois même plus instables que jamais. Et cela, en France, seul un homme (au sens asexué du terme) politique l'a compris : Nicolas SARKOZY. Son action, celle d'un homme engagé, s'inscrit parfaitement dans ce nouveau contexte où tandis que la réactivité devient un atout, l'esprit d'initiative devient l'avantage compétitif décisif. Les méthodes de gouvernement de Nicolas SARKOZY entrent en résonance avec la nouvelle donne. Sa gestion de son emploi du temps est parfaite : jamais trop présent, et surtout jamais pas assez. Son utilisation des médias est également un modèle, il a su pénétrer les journalistes (rien à voir avec ses aventures extra-conjugales estivales au Figaro) et les influencer (performance en verticalité). Il a également su diversifier ses supports : presse écrite, télévision, mais aussi sites internet, blogs, liens commerciaux sur google, courriels et SMS (performance en horizontalité). En résumé, un plan communication et donc, dans le contexte actuel, un plan d’action quasi-parfait. A travers son engagement, à travers cette volonté prête à soulever des montages, Nicolas SARKOZY démontre quotidiennement que la politique reste ce bel art qui continue de faire vivre une belle invention : la démocratie. L'action de Nicolas SARKOZY a le mérite de montrer que la société moderne est loin d'être figée et que ses travers peuvent être changés. Autrement, Nicolas SARKOZY, en réhabilitant la politique, nous donne les moyens de changer le monde, tout simplement. Parce que Nicolas SARKOZY est le seul homme politique français à maîtriser l'art de la politique, parce qu'il démontre quotidiennement que l'organisation de la Cité reste l'oeuvre des hommes, je voterais Nicolas SARKOZY en 2007. Mais je ne voterai pas Nicolas SARKOZY en 2007. Pour ceux qui n'auraient pas remarqué, d'un côté, on a "voterais" (conditionnel), de l'autre, on a "ne voterai pas" (indicatif futur).
La raison de choix est simple : autant sur la forme, c'est à dire le mode d'action, je ne peux que reconnaître une certaine admiration, sur le fond, c'est à dire les idées, c'est à dire l'essentiel, je suis en parfaite contradiction. Je le dis déjà assez souvent mais ça ne fait pas de mal de le répéter : le monde que dessine Nicolas SARKOZY n'est pas celui qui me fait rêver. Je ne veux pas d'une Nation où la police est uniquement répressive, je ne veux pas d'une Nation qui considère que les enfants de ses banlieues forment une classe sociale méritant au mieux la condescendance des possédants, je ne veux pas d'une Nation qui choisit son immigration sur des critères économique, je ne veux pas d'une Nation qui considère que ses entreprises feront toujours les choix les plus socialement justes et qu'il faut donc leur accorder la liberté la plus totale. La liste est encore longue, nous avons le temps d'y revenir d'ici les prochaines échéances.
Ce qui est grave dans l'histoire, voire dans l'Histoire, c'est que Nicolas SARKOZY a les moyens d'imposer les changements qu'il envisage, parce qu'il est le seul à maîtriser la dynamique de la politique moderne. Il dégage une fascination qui s'oriente rapidement vers l'admiration. Je connais des personnes qui n'aurait jamais été tentées par M. SARKOZY uniquement sur la base de ses idées. D'ailleurs, je ne sais pas s'il faut creuser cet aspect plus loin mais ces personnes sont souvent nos parents. Je ne suis pas sûr qu'Hollande aurait eu le même écho s'il avait porté les même idées. En résumé, Nicolas SARKOZY, c'est fort, c'est très fort et c'est bien parti pour gagner. Je crains donc sérieusement de voir la France des lumières s'éteindre à la lueur des chandelles d'un enflammé. Ainsi, je ne voterai pas SARKOZY en 2007. * Rien à voir avec Marion le Papillon Clignotant (quoique), l'effet papillon est plutôt à associer à ces propos qu'aurait pu tenir Vassilissa : "les systèmes dynamiques sont très sensibles aux perturbations". En plus, simple : "Dire racaille à la télé peut provoquer un état d’urgence, c’est à dire mettre la Nation en situation de péril imminent". 1월 14일 Pour avoir des précisions sur l'économie des EtatsLe Monde a publié un dialogue avec le Président de l'Observatoire Français des Conjonctures Economiques(OFCE), Jean-Paul FITOUSSI. Pour info, l'OFCE est une institution indépendante affiliée Science Po et qui fournit des analyses et des prévisions économiques.
Dans ce dialogue, réalisé le 11 janvier, Jean-Paul FITOUSSI nous explique assez pédagogiquement quelques points économiques qui me semblent importants et qui semblent confirmer que ce que j'avais compris des thématiques économiques actuelles, sur la dette en particulier, n'était pas totalement crétin.
C'est long mais très intéressant, et en plus, ça se lit bien :
1월 3일 La France n'est pas en failliteL'Etat français doit plus de 1000 milliards d'euros, l'équivalent de 66% de son PIB. C'est une somme importante et une situation inquiétante qui a valu la commande d'un rapport par le MINEFI (MINistère de l'Economie, des Finances et de l'Industrie). La remise de ce rapport a offert une nouvelle occasion de décrire le déclin structurel d'une France inadaptée à la Mondialisation, d'une France qui refuse de se convertir corps et âme au néolibéralisme. La situation est inquiétante mais pas grave car l'Etat n'est pas une entreprise (qui peut se permettre un niveau d'endettement encore plus élevé) ni un particulier (qui ne peut se permettre un niveau d'endettement aussi élevé). Ce qui me rassure au sujet de la dette française, c'est l'origine des créanciers. Certains pays (dans des situations de quasi-faillite) s'endettent auprès du Fond Monétaire International (FMI), ils sont alors placés sous tutelle et mis sur le banc de la honte économique. D'autres, très pauvres, s'endettent bilatéralement auprès d'Etats plus riches, c'est par exemple le cas de nombreux pays d'Afrique. Pour la France, la dette est d'une origine totalement différente. En effet, l'Etat français s'est endettée auprès de particuliers. Les créanciers de l’Etat français, c’est vous, vos parents, votre voisin, moi. Ce qu'il faudrait retenir, c'est que la dette française est "saine", elle ne lie pas la France au bon vouloir d'une puissance étrangère mais un peuple (enfin surtout sa partie la plus riche) à son Etat, ce qui est totalement différent. 12월 22일 Vu dans le Monde : ZePoliceCeci est un dessin de PESSIN, c'est drôle, non (je parle du dessin) ? 11월 21일 "Nos quartiers difficiles"J'ai mis du temps à écrire ce billet car il fallait trouver un espace de réflexion afin de ne pas écrire n'importe quoi. Tout ou presque ayant déjà été dit sur le sujet, ce billet risque de faire doublon et il n'aura que le mérite de m'aider à y voir plus clair dans mes réflexions. Et si ce n'est pas trop inintéressant, alors je n'aurai pas trop perdu.
Pour en revenir aux "quartiers difficiles", il s'agit de corriger les lacunes qui ternissent les notions de Liberté, Egalité et Fraternité. Ensuite, je pense qu'il est nécessaire de redonner un sens réel à la notion d’Egalité en favorisant l'égalité des chances. Il ne s'agit pas de faire de la discrimination positive ou de mettre des minorités visibles à la Télé. L’urgence est à la lutte contre la Lepénisation des esprits. On ne naît pas raciste, on le devient. L'école, l'enseignant doit aussi et surtout continuer à enseigner les valeurs républicaines. L'école ne sert pas qu'à former de la main d'œuvre au service du capital, l'enseignant est un vecteur essentiel de l’esprit républicain. Désormais, la télé l’est aussi et devrait participer à sa manière à la promotion de la cohésion nationale. Pour cela, il convient avant tout de lutter contre les reportages tendancieux et démagogiques décrivant une France en guerre contre elle-même. A côté de Neuilly-Sur-Seine, il n’y a pas que des délinquants, il y a aussi de la vie, des opportunités de partage et de découverte. Je suis convaincu que le recul des discriminations permettra de redonner une réalité à l'Egalité et favorisera la cohésion indispensable de notre Nation. Lorsque nous reformerons un tout, nous retiendrons nos coups et nous tisserons des liens qui essuieront nos larmes. Enfin, je pense qu'il est nécessaire de redonner la main aux associations républicaines, aux animateurs des quartiers, c'est une question de bon sens. On n'abandonne pas les bonnes volontés citoyennes au profit de religions (quelles qu'elles soient) ou d'organismes parce qu'ils présentent des concepts plus simples à assimiler que l'idée républicaine. Bref, concrètement et pour résumer, il faudrait : 7월 21일 DanoneL’information financière du moment, c’est la rumeur concernant un rachat possible de Danone par PepsiCo, l’entreprise qui fabrique entre autres le Pepsi-cola et les Chips Lays.
Manipulé par la publicité et le marketing bien pensé de Danone, j’ai toujours porté cette entreprise dans mon cœur, dans la partie émotionnelle, irrationnelle de mes réflexions. En effet, Danone, ce sont les bons petits beurres pleins de blé, une eau d’Evian purifiée pendant des millénaires par la montagne majestueuse et bienfaitrice, des yaourts bio qui ne sont pas bio mais qui aident à avoir une digestion agréable, spontanée, sans ballonnement, etc…
Mais ma partie rationnelle, celle qui observe, analyse et déduit en essayant de suivre un raisonnement cartésien exècre Danone, c’est même le point de départ de mon engagement citoyen. Souvenez-vous, ce n’était pas si loin, c’était en 2002. Cette année là, Danone faisait une annonce choc à ses actionnaires : l’année passée, nous avons fait énormément de bénéfices (1,3 milliards en 2002 contre « seulement » 100 millions en 2001) et nous avons décidé d’en faire encore plus en licenciant massivement. A la suite de cette double annonce, les cours de Danone furent au plus haut pendant quelques temps. A cette « bonne » époque, ils flirtaient avec les 150 euros contre 90 euros aujourd’hui et 75 euros hier (avant la spéculation autour du possible rachat par PepsiCo). A cette époque également, une pétition demandant le boycott de Danone s’est mise en place, je l’ai même relayé avant de me rétracter en considérant que l’idée était à double tranchant. En effet, avec une telle arme, les premiers et peut-être même les seuls sanctionnés sont les ouvriers, les salariées d’en bas. J’avais donc fini par dire non au boycott, sans pour autant soutenir l’attitude des dirigeants qui sont restés en place depuis. La suite de l’histoire n’est pas très rose car depuis 2002, le bénéfice a chuté, tout comme le chiffre d’affaire et le cours de l’action. Et bien évidemment, les usines ont été fermées et le sont restées. La stratégie orientée rentabilité, à vocation spéculative n’a donc pas fonctionné et je lancerais bien un « bien fait pour votre gueule » aux dirigeants, vindicte assez désespérante au demeurant car encore une fois, elle ne concerne en réalité que les couches les plus faibles.
En attendant la suite, PepsiCo serait disposé à racheter Danone via une Offre Publique d’Achat (OPA). Le concept d’une OPA est simple : PepsiCo arrive sur dans la place (boursière) et balance très clairement « je rachète les actions de Danone de tous ceux qui voudront bien m’en vendre ». Et pour assurer le coup, PepsiCo va proposer un prix d’achat largement supérieur au cours de l’action. En général, les actionnaires acceptent de vendre leurs actions (car ce sont en grande majorité des spéculateurs) et l’entreprise acheteuse (ici PepsiCo) se retrouve avec un nombre important d’actions et entre majoritairement au conseil d’administration de l’entreprise achetée (ici Danone). Lorsque PepsiCo demande gentiment auparavant aux actionnaires et aux dirigeants (qui sont généralement aussi actionnaires), quand ces derniers acceptent avec le sourire, on dit que l’OPA est amicale. Sinon, elle est hostile. Dans le cas PepsiCo-Danone, on ne peut rien dire. Au jour d’aujourd’hui, la dernière information disponible est le démentit de PepsiCo sur un possible rachat de Danone ! Toutefois, à écouter les premières déclarations publiques, on peut penser sans trop se tromper que l’OPA ne pourra qu’être hostile. Il y a des précédents « amusants » dans ce type d’affaire, comme par exemple des doubles OPA hostiles croisées. C’était le cas il y a quelques années lorsque Total a lancé une OPA sur Elf et qu’Elf a lancé une OPA sur Total. Au final, plus d’actionnaires d’Elf se sont vendus à l’ennemi donc Total a pris le contrôle d’Elf. Autre épisode exotique : la triple OPA. Il y a quelques années aussi, la Société générale et Paribas voulaient fusionner, la Société générale a alors lancé une OPA amicale sur Paribas. Cette idylle annoncée a malheureusement été perturbée par la BNP qui voulait absorber et la Société générale et Paribas et qui a donc lancé deux OPA hostiles sur ces dernières. Au final, les actionnaires de la Société Générale ont gardé leurs actions et ceux de Paribas ont donné leurs actions à la BNP. Nous nous sommes donc retrouvés avec la Société générale seule avec en face une entité BNP Paribas dont personne ne voulait ! Tout cela serait amusant si derrière il n’y avait pas des hommes et des enjeux autrement plus sérieux.
Pour en revenir à Danone, je ne peux m’empêcher de sourire vicieusement car lorsqu’il y a une OPA, ce ne sont pas les ouvriers qui dégagent mais les dirigeants. C’est au moins vrai dans un premier temps. Et ces derniers le méritaient. Dans cette affaire, il y a aussi un aspect nationaliste qui joue. Je n’y suis pas insensible mais je ne sombrerai pas dans la dramaturgie que nous joue actuellement la classe politique. Danone, ça reste une entreprise, une représentante du capital apatride comme diraient certains. De la nation française, j’ai le sentiment que Danone ne garde qu’une affection marketing, loin de nos préoccupations et de nos exigences. Pour Danone, je refuse donc de regretter la perte d’une identité française, qui dans cette situation est plus rêvée que réelle et qui traduit peut-être une certaine perte de repères. De plus, on ne peut pas se féliciter du rachat d’Orange (aux Anglais) par France Telecom ou des achats d’EDF à l’étranger puis ensuite se plaindre lorsque qu’un pseudo fleuron de notre industrie tombe aux mains d’une pseudo puissance étrangère. Il y a là un problème de cohérence qui nécessite un véritable travail de réflexion sur le modèle économique que nous souhaitons. L’idéal, ce serait que les droits et les aspirations sociales des salariés soient respectées et prises en compte dans toutes les configurations possibles.
Au final, pour synthétiser, je dirais ceci : 1) Danone racheté, c’est le jeu de l’économie libérale 2) Danone racheté, ce n’est pas grave a priori, un esprit cartésien aurait d’abord attendu avant de blâmer. PepsiCo arrive peut-être avec des projets d’ouverture d’usine et d’embauche à tout va, ce que Danone n’a plus proposé depuis un moment. 3) Danone racheté, on ne peut rien y faire à part pleurer. Faut-il encore le répéter, le Capital a atteint une masse critique et un positionnement qui lui permet de s’affranchir des régulations mises en place par les Etats-Nations. Pour lutter efficacement contre cette nouvelle configuration, défavorable aux Peuples et aux Etats, il convient de mettre en place des structures politiques et régulatrices à un niveau supérieur, au niveau européen par exemple (on y revient !) 4) Danone racheté par PepsiCo, je m’en fous, je ne bouffe que des produits premier prix et je bois majoritairement du Coca-cola. 7월 17일 Petit billet estivalCes derniers temps, je n’ai rien dit, rien raconté. Et pourtant, il y a des choses à raconter, le monde ne s’est pas arrêté de tourner le 4 juillet, Jour de l’Indépendance aux Etats-Unis. Il s’est même accéléré pour moi (entretiens, plans looses, etc…), c’est pour cela que je manque de temps et de motivation pour entretenir ce blog.
Dans notre vie publique, les choses se sont poursuivies sur un faux rythme. Après l’excitation du référendum est venu le temps de la résignation. Ainsi, nous avons accepté (dans notre grande majorité) avec amertume mais malgré nous l’absence d’accord sur le budget européen, la gouvernance par ordonnance de Villepin ou encore le choix de Londres pour les JO de 2012. Nous acceptons aussi de voir Chirac continuer sa partition alors que visiblement, la situation actuelle où le Président devient un Monarque Républicain symbolise une des errances de la Vème république. Il y a aussi l’activité de Sarkozy qui friserait la caricature si elle n’en était malheureusement pas criante de réalité. Ne pouvant aller chercher de soutien à gauche, il se penche, et ce n’est pas nouveau sauf que désormais il est Ministre d’Etat, du côté de l’extrême-droite, en veillant à garder la respectabilité qui manque à Le Pen pour espérer remporter un second tour de présidentielle. Et puis, il y a aussi la rivalité Chirac-Sarkozy, la guéguerre qui n’est pas qu’une rivalité entre prétendants mais une rivalité entre un Président de la République et un Ministre d’Etat de la République en fonction. Une fois de plus, nos institutions sembles desservies dans cette époque les ambitions passent avant « une certaine idée de la France ».
Dans ce contexte, François Hollande a rencontré il y a peu Marie-George Buffet. Quelque soit la teneur de la discussion, cette rencontre « cordiale » tranche avec le duel au sommet. D’un côté, des politiciens qui partagent les mêmes opinions mais qui exaltent une divergence fondée uniquement sur des ambitions personnelles. De l’autre, des politiques dont les opinions désormais divergentes sur la forme mais qui essayent malgré tout de continuer à agir dans l’intérêt d’un idéal commun. Mais ce n’est pas pour autant rose (ou rouge) à gauche car la campagne du référendum est à ranger au chapitre des batailles qui laissent des traces. Toutefois, c’est l’été donc tachons d’en profiter même si beaucoup, comme moi, n’ont pas de vacances. 6월 14일 Commentaire généralLa tension et l’intensité du Référendum semblent être retombés. Le débat qui s’était initié était donc une poussée de fièvre, un abcès de la colère plutôt que le temps d’une nouvelle ère démocratique. Et pourtant, le Monde, l’Europe ou encore la France ne vont pas beaucoup mieux (ceci est une litote). Seule éclaircie au tableau, l’annulation de la dette des pays les plus pauvres. C’est à la fois une bonne idée économique, une preuve de réalisme et un geste humaniste. Economiquement, les pays pauvres nous rattraperont plus rapidement si on les allège d’un désormais trop lourd fardeau (et je souhaite qu’ils nous rattrapent conformément à mes convictions, voir billet précédent). D’un point de vue pragmatique, il est plus honnête d’annuler la dette car de toutes évidences, elle n’aurait jamais été remboursée. Enfin, c’est une expression de solidarité nord-sud qu’il faut saluer car bien trop rare, surtout lorsque l’initiative vient des Anglais et des Américains. Et oui, c’est bien Bush et Blair qui ont initié le mouvement, tandis que la France et l’Allemagne proposaient une sorte de taxe Tobin sur les billets d’avions pour financer le développement (ce qui est très bien aussi). Mais c’est le plan de Bush et de Blair, le « Plan B puissance deux » qui est passé, en attendant peut-être la mise en place du plan de la « Vieille Europe ». A part donc cette bonne nouvelle qui ne nous concerne pas directement, le reste ne me semble pas très souriant. En Europe, les intérêts nationaux, comme je l’avais redouté dans ma politique-fiction, reprennent le dessus. Ainsi, sur le budget européen de 2007-2013 (actuellement en débat en vu du Conseil Européen des 17-18 juin), les Anglais souhaitent renégocier la Politique Agricole Commune (PAC) tandis que les Français et les Allemands désirent limiter le rabais anglais. Pour info, depuis déjà un moment, les Anglais bénéficient d’une réduction sur leur contribution au budget. Ils l’ont obtenu sous Tchatcher, lorsque leur situation économique était délicate. Aujourd’hui, ils vont beaucoup mieux économiquement (grâce à une politique ultra-libérale qui a augmenté considérablement la pauvreté) et les autres contributeurs de l’Union Européenne aimeraient supprimer ce rabais désormais obsolète. Mais les Anglais refusent, bien évidemment. En contrepartie (si on peut dire), ils dénoncent la PAC, qui représente le plus gros budget de l’Union et qui bénéficie essentiellement à la France via ses nombreux agriculteurs. Sur ces points, il y a un vrai blocage que le Luxembourg (actuellement à la Présidence de l’Europe) essaye de résoudre en proposant un compromis qui dirait en gros : « Français et Anglais, pour 2007-2013, on ne touche à rien (ou un tout petit peu), ensuite, à partir de 2013, on diminuera progressivement la PAC aux Français et le rabais aux Anglais, ce qui vous laissera le temps de voir venir, signez ici… ». Je ne sais pas si ça va passer, pour le moment, ce n’est pas très bien parti car les Anglais font un peu les fiers et ne sont pas prêts à lâcher puisqu’ils ont toutes les cartes en main : Présidence prochaine de l’Europe, Présidence prochaine du G8, maîtrise du devenir de la ratification de la Constitution Européenne. De plus, ils ont toujours le soutien et la confiance des Etats-Unis (Blair revient d’un voyage où il a été rassurée et soutenu par Bush) et comme Blair vient d’être réélu, il ne craint aucune turbulence à venir sur le plan interne.
En France, j’avais parié sur l’insécurité, on a en fait l’immigration. Sur ce sujet, Sarkozy propose de mettre en place des quotas favorisant « l’immigration choisie » (par opposition à « l’immigration subie »). Sur ce sujet, on peut dire beaucoup de choses, on peut débattre d’un point de vue dogmatique en disant qu’une immigration choisie est contraire aux valeurs humanistes de la France qui n’accueille pas (contrairement aux Etats-Unis) parce que c’est rentable mais parce qu’elle est généreuse (encore une divergence d’universalisme). L’immigration choisie est d’ailleurs interdite par la Constitution française. On peut aussi débattre d’un point de vue pragmatique en disant deux choses. Primo, l’immigration représente moins de 5% de la population, c’est un chiffre qui n’évolue pas depuis 30 ans et qui représente cacahuète par rapport à nos besoins. Secondo, les pays qui prônent l’immigration choisie n’arrivent pas à l’assurer : les quotas de ceux qu’on ne veut pas sont toujours atteints et dépassés tandis que les quotas de ceux qu’on désire ne sont jamais atteints. Mais pourquoi pas après tout… En parallèle, Villepin a proposé de flexibiliser le CDI, en l’associant à une période d’essai de deux ans, ce qui est long quand on cherche à rentrer dans la vie. Deux ans sous une épée de Damoclès, ce n’est pas humainement évident et cela risque de nuire à la consommation (qui est l’un des piliers de la croissance). En effet, lorsqu’on risque une fin de contrat anticipée, les gros achats sont reportés, ce qui limite l’activité des entreprises, ce qui fait que les entreprises embauchent moins, ce qui fait que la consommation baisse et ainsi de suite. En économie, on appelle cela une trappe à liquidité si j’ai bien retenu mes leçons. Mais bon, pourquoi après tout… Dans mes « pourquoi pas après tout » résonnent un certain désespoir que je préfère appeler réalisme. Actuellement, contre cela, on ne peut malheureusement pas grand-chose. Dans le temps de notre Démocratie, les échéances font que face à une gauche divisée, usée et fatiguée, le Gouvernement a les mains libres jusqu’en 2007 et Sarkozy a un boulevard, voire une autoroute pour la suite. Après le Référendum, le rassemblement de la gauche devient encore plus utopique que le Grand Soir ! Mais l’espoir ne doit pas choir. Certes, depuis 2002, nous subissons un apprentissage de la Démocratie que je trouve difficile. Nous payons certainement très cher ce 21 avril où l’air de la mer était plus doux que l’enfermement dans l’isoloir. La leçon ne doit pas rester veine. Il est temps de ne plus confondre les échéances et de ne plus rater les rendez-vous. Il est aussi temps de se focaliser sur les vrais combats et d’identifier clairement l’ennemi et les armes pour le combattre. Pour la gauche, ça veut en particulier signifier d’arrêter de dénoncer le libéralisme afin de se focaliser sur la lutte contre le néolibéralisme (ou ultralibéralisme), organisation économique où le Capital a atteint une masse critique qui rend impuissant l’action des Etats-nations.
Pour les prochaines semaines, il faudra observer les évolutions de l’Europe et en particulier la mise en place du budget 2007-2013. Il faudra aussi garder un œil sur nos affaires internes et voir progressivement une partie de notre organisation sociale remise en cause. A ce moment là, nous verrons certainement la gauche se crisper autour de réflexes désormais fossilisés, en attendant un hypothétique projet fédérateur où j’espère apporter une petite pierre via un engagement politique qui va certainement se concrétiser prochainement. Je ne manquerai pas de transposer sur ce blog ce que mon œil verra et ce que mon cerveau conclura. 6월 2일 Anticipation (attendez-vous à voir)En France, la première réaction post-référendum a été la mise en place d’un gouvernement de la droite UMP du « oui » unie autour de Dominique de Villepin. Apprécié pour son panache diplomatique à droite comme à gauche, Dominique de Villepin travaillera avec un Sarkozy à l’intérieur. Pour le nouveau gouvernement, la priorité est toute désignée : la lutte contre le chômage. Le chômage est en effet LE mal structurel qui déstabilise notre société solidaire depuis bientôt 25 ans, il est devenu une priorité pour tous nos dirigeants car c’est la principale préoccupation des Français. Notons toutefois une exception : l’année 2002. Durant c’est année, les Français étaient focalisés sur l’insécurité et avaient voté pour la droite version répression. Tiens, tiens donc… Je prend donc un pari aujourd’hui : demain, on arrêtera de parler du chômage et des problèmes sociaux et grâce à la complicité de certains médias, on se focalisera sur l’insécurité en attendant 2007. Et c’est là où le retour de Sarkozy prend aussi tout son sens. En effet, j’imagine que « Nico » sera hyperactif sur le terrain intérieur de la lutte contre l’insécurité. Je pense donc que dans quelques semaines, voire quelques jours, les violences urbaines comme celles qui ont lieu actuellement à Perpignan ne seront pas dans les faits divers mais en « une » de nos médias. Stratégiquement, la violence civile nous mettra dans une situation de crainte vitale, au premier niveau de la pyramide des besoins, ce qui nous détournera des attentes sociales, situées plus haut dans la pyramide. De plus, j’imagine que les médias nous focaliserons sur des communautés qui seront clairement identifiées au-delà des frontières européennes. En mettant une menace commune hors d'Europe, cela renforcera inconsciemment l’idée européenne dans nos cerveaux reptiliens (partie du cerveau qui gère l’instinct de survie si j’ai bien suivi mes leçons). Bref, je pense qu’on peut s’attendre à revoir l’insécurité, ou plutôt le sentiment d’insécurité, dans nos foyers.
Sinon, au niveau européen, avec le refus des Pays-bas et probablement le refus d’autres pays comme la Pologne ou le Royaume-Uni, nous nous orientons vers une procédure de reproposition. Je pense que, comme pour le Traité de Maastricht ou le Traité de Nice, on reproposera le texte aux pays qui ont dit « non ». Et la Grande France ne fera pas exception car avec le refus d’autres pays, la supériorité du peuple français ne sera pas évidente à démontrer. Bien évidemment, ça ne se fera pas brutalement, je pense que le sujet sera bien amené médiatiquement, pour éviter que les peuples sentent leur souveraineté et leur choix remis en cause (et pourtant, ce sera le cas). Je vois bien un Conseil Européen (= réunion des Chefs d’Etats européens) où les dirigeants européens signeront un engagement commun contenant des mesures concrètes qui seront appliquées dès la mise en place du TCE. Ce seront des mesures consensuelles, qui seront approuvées par tous les peuples européens (surtout ceux qui ont dit non) et qui surtout, ne pourront être prises que dans le cadre de la Constitution européenne qui nous a été proposée. Ca pourrait être par exemple la mise en place de certaines mesures européennes relative à la protection des services d’intérêt général ou la mise en place de coopérations renforcées au niveau de la Défense. C’est ce genre de décision qui aurait pu faire basculer des « non, sauf si… » (comme celui de Fabius) vers le « oui ». Faudra tout de même veiller à la décision finale des Britanniques, qui pour le moment envisagent de ne pas proposer la Constitution à la ratification. Si c’est le cas, ce sera peut-être une renégociation et là, on risque de repartir sur les blocages habituels entre les différentes visions de l’Europe et je crains que la France, isolée parmi les non et isolée du oui, risque d’en pâtir et de ressortir perdante.
A part ça, au niveau mondial, beaucoup considèrent que l’Europe ne se fera plus. Aux Etats-Unis, les éditorialistes néoconservateurs triomphent, ce n’est pas moi qui l’invente, ce sont les revues de presse qui en témoigne. En Chine, rien ou presque n’a été vu. De Chine, l’Europe est tout sauf un partenaire diplomatique, on ne négocie pas des orientations diplomatiques avec des commerciaux de chez Airbus. Récemment toutefois, elle a vu un commissaire européen se présenter et demander une limitation de la production de textile. Voir un représentant de l’Europe a dû tellement la surprendre qu’elle a accepté quelque limitations, du peanuts toutefois par rapport à ce qui aurait pu être obtenu avec un vrai Président de l’Europe porteur à temps plein du message européen. Au fait, comme on parle de la Chine et du textile, j’aimerais parler des chiffres de l’importation textile. Ils sont tombés récemment et indiquent que les importations textiles n’ont pas augmenté cette année, ni en France ni en Europe. Le seul changement visible est une réorientation vers la Chine. Cela veut dire que la production de textile chinois ne change rien à l’emploi en Europe ou en France. Ca fait en effet 30 ans que le textile est délocalisé (c’est l’exemple classique des livres d’histoire-géographie pour parler de l’économie du Tiers-monde). Avant, c’était au Maghreb (la vérité !), aujourd’hui, c’est en Chine. C’est sans conséquence sur notre économie mais ça pose quand même des soucis car le Maghreb risque de connaître des difficultés sociales (je ne crois pas toutefois que c’était pour cela que les partisans du non réclamaient plus d’interventionnisme de Bruxelles). Cela pose aussi problème d’un point de vue purement économique car une situation où un pays serait en position de monopole sur tout un secteur de l’économie serait gênante, il faut donc garantir la concurrence (tiens donc !) pour assurer une certaine forme d’équité dans les échanges mondiaux. Tout ça pour dire qu’au niveau mondial, pour une période conjoncturelle que j’espère courte, l’Europe semble enterrée et la France semble désormais plus petite, plus arrogante et plus ridicule que jamais car elle vient de tuer son rêve dans le berceau, après avoir enfin pu accoucher dans la difficulté. 6월 1일 Après la séquence con, quelles sont les conséquences ?En votant « non » à la Constitution européenne, le peuple a désavoué ses représentants, c'est-à-dire l’état. L’état avait auparavant signé cette Constitution européenne, le vote « non » est donc une sanction (indirecte) de l’état par son peuple. Cette déchirure a été corrigée de manière paradoxale car la première conséquence de ce désaveu est la mise en place d’un nouveau gouvernement sous la responsabilité du plus fidèle au principal sanctionné. C’est l’un des paradoxes fâcheux intrinsèques à la Vème République qui est dimensionnée pour un « monarque républicain » qui assume l’entière responsabilité d’échecs qui ne lui sont pas entièrement imputés. Sur cet aspect-ci, Jospin a eu une attitude Gaullienne digne de la Vème République et même s’il revient, car c’est ça aussi le Gaullisme (De Gaulle est revenu au pouvoir après une traversée du désert qui semblait définitive). Tout ça pour dire que la Vème République n’est plus adaptée à la société actuelle qui n’exige plus un Président père de la Nation mais un Président cohérent, honnête ( !) et porteur d’un projet fédérateur. Il faudrait donc penser à changer la sacro-sainte Vème République, pour redonner du sens au débat démocratique et pour éviter d’être gouverné par des hommes déchus. Si à la suite de cet échec, Chirac avait été contraint à la démission, on aurait peut-être eu une campagne présidentielle anticipée et les masques seraient tombés plus rapidement. On aurait en particulier vu le « non de gauche » passer l’épreuve de la démocratie. A la vue des propositions post-référendum, je ne suis pas sûr qu’il l’aurait passée avec brio, ça aurait été salutaire et révélateur pour nous le peuple, depuis trop longtemps bercé par les sirènes de ceux qui, dans leur grande majorité, n’ont jamais rien apporté aux travailleurs. Ca aurait peut-être été la fin des pièges chimériques.
Après la déchirure entre le peuple et l’état, focalisons nous sur une autre fracture : celle entre les partis politiques du « oui » et « non ». C’est une fracture qui s’est radicalisée autour de clivages intenables. Aujourd’hui, je suis de gauche et je me retrouve dans le camp de Chirac et Sarkozy, face à Buffet, Fabius et Bové. C’est inconcevable et pourtant, c’est le cas. Cette réalité est instable et va poser des problèmes de compatibilité au camp du « oui » et des problèmes de cohérence au « non » (que ce soit inter-nons ou intra-non). Ce qui risque de se produire, c’est la chute des citadelles et un déchirement de la classe politique française qui va se retrouver sur des bases éparpillées. Autrement dit, les alliances « ouinonistes » vont s’écrouler et les partis vont se retrouver isolés dans leur coin politique d’origine. Pour la droite, ce ne sera pas grave, les divisions sont bien intégrées et habilement négociées depuis longtemps. Par habitude, à droite, on se rassemble avant une élection puis on se « lâche » ensuite avant de reprendre l’hymne de l’unité quand on se présente à nouveau devant l’électeur (notons qu’il y a quand même parfois de jeunes ambitieux qui posent problèmes lors des présidentielles). A gauche, c’est le contraire, en temps normal, on est unit, on gouverne, on s’oppose et on manifeste ensemble, c’est juste au moment de l’élection qu’on se divise. C’était en tout cas globalement vrai avant le 29 mai. Aujourd’hui, dans la France d’après, la droite divisée va se reprendre très rapidement, comme à son habitude, mais la gauche va rester décomposée et va se livrer à des luttes de pouvoir intestines pendant un bon moment. On risque de voir l’héritage unitariste de Jaurès et Mitterrand se détruire devant l’autel de l’avidité. La conséquence de ces divisions seraient l’abandon du pouvoir à la droite pendant des années et encore plus grave, l’inaudibilité du message humaniste de gauche pour longtemps. Le néolibéralisme est en train de saper ma génération : le message de gauche n’y passe plus ou alors il y passe de manière démagogique, non constructive. Pour éviter cela, il est indispensable que la gauche se recentre autour de la gauche réformiste (par opposition à révolutionnaires), celle qui est prête à gouverner, ce sera l’objet d’une prochaine réflexion.
Au-delà des déchirures précédemment citées, il y a une déchirure plus profonde et bien plus grave car elle éloigne les gens. J’ai senti cette rupture depuis dimanche, je l’entends et je la lis à travers ses messages de haine et de rage. Désormais, entre le « oui » et le « non », on s’insulte, on se toise, on se maudit, on se médit. Les « France de con », « Honte d’être Français » et autres « Bien fait pour les traîtres » fleurissent sur tous les vecteurs de communication et cela m’attriste, car dorénavant, on s’observe sans se voir et on ne s’entend ni s’écoute. Pour ceux qui ont voté « oui », il ne faut pas céder à la tentation de la condescendance. Même si nous voulions l’Europe justement pour aider ceux qui, proches et moins proches de nous, en avaient besoin, nous ne pouvons les blâmer méprisamment (comme certains l’ont fait) parce qu’ils ont voté « non ». Comme le dirait Yoda, la souffrance aveugle, la peur égare (et mène au côté obscur). Nous ne pouvons que leur reprocher d’avoir voulu sortir de leur détresse en suivant les chimères proposées par des populistes irresponsables. Ce sont ces derniers qu’il faut blâmer. Clairvoyants, intelligents, ils ont profité de la faiblesse et de l’oppression du peuple pour le manipuler à des fins personnels et électoralistes. Demain, quand vous argumenterez sans fin avec un « noniste » ou quand vous penserez à la chance historique que nous venons de gâcher, prenez sur vous et gardez votre haine pour nos traîtres populistes. Accumulez cette rage sans l’user, emmagasinez la pour la prochaine élection, vous pourrez alors, vous aussi, vous abandonner aux joies du vote sanction. En attendant, le monde continue sa marche et la France reste la France, dans toute sa grandeur et toute sa générosité. Dès aujourd’hui, il faut se rassembler autour de nos vraies valeurs, autour de nos vraies passions, celles que personne, pas même l’Europe, pas même les Polonais, pas même les « nonistes » ou les « ouinistes » nous enlèverons. Oui, dès aujourd’hui, commençons à nous rassembler autour de ce qui nous a toujours fédéré, c’est à dire les petits apéros en fin de journée sur nos belles terrasses ensoleillées ! Un petit verre de Ricard sous le cagnard, il n’y a que cela pour nous remettre d’aplomb ! Plus sérieusement, il faut tourner la page sans fermer le livre. Ce n’est pas en nous braquant qu’on avancera. Il faut se replonger dans des plaisirs collectifs simples, pour redonner un sens à la communauté nationale. Demain, il y aura d’autres défis et nous devrons les affronter ensemble. De plus, un jour, dans 6 mois ou 50 ans, on nous reparlera d’Europe politique et à ce moment là, nous, le peuple, serons plus réceptifs si nous sommes tout simplement heureux. Je suis certain qu’avec une croissance à 3%, un chômage en forte baisse et une équipe de France de foot championne du monde et d’Europe (comme sous Jospin), nous aurions en masse voté « oui ». Il faut donc aujourd’hui dépasser la frustration et tendre à nouveau la main. En temps que « ouinistes », nous devrions prendre nos responsabilité, afin de redonner l’impulsion qui redonnera confiance et qui apportera une vraie dynamique. Arrêtons donc de nous insulter et construisons nous ensemble pacifiquement dans la négociation, soyons à la hauteur du message humaniste pour lequel nous avons voté.
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